Muriel Zürcher.
Illustration de couverture Bastien Sanchez.
Couverture brochée. 416 pages. 13 x 18 cm.
Plongez dans un monde dictatorial où la liberté individuelle est sacrifiée au nom de l’écologie et de la préservation de la diversité.
Sous la Bulhavre, nous construisons un monde meilleur.
Règle n°1 : le Tourneur de Page veille au bonheur de chacun.
Règle n°2 : sous la Bulhavre, la vie est obligatoirement heureuse.
Extrait des 10 000 règles du Manuel de vie sous la Bulhavre.
Revue de presse
Michel Abescat - Télérama du 18 janvier 2012
Ils vivent sous une bulle. Un havre protégé du monde extérieur. Une sorte de cité idéale, construite après l'apocalypse. Pollution, diminution des ressources énergétiques, enchaînement des catastrophes naturelles : les humains ont bien failli disparaître de la planète, à l'instar des dinosaures autrefois. Le Tourneur de page, nouveau Noé, gourou et chef suprême, a réussi à créer une biosphère autonome, les a sauvés et réunis dans le meilleur des mondes possibles. Sous la Bulhavre, « la vie est obligatoirement heureuse », comme le récitent les enfants à l'école ; tout est propre, organisé, aseptisé, de la naissance à la mort. « Le Tourneur de page veille au bonheur de chacun », les émotions, les souvenirs eux-mêmes sont soigneusement contrôlés. Au dehors, pourtant, il y a l'Outre-Monde, mystérieux, inquiétant, interdit, dont deux frères, Alkan et Tahar, vont bientôt faire l'expérience...
L'aventure est belle, vivement racontée. Muriel Zürcher tire avec brio son épingle d'un jeu déjà largement exploré. On se souvient du récent Terrienne, de Jean-Claude Mourlevat. Le Tourneur de page est écrit à plusieurs voix, celles des deux frères en particulier, fûtés, piquants, sensibles. On suit avec bonheur leur prise de conscience progressive, et le roman, fort divertissant, distille en sourdine une véritable réflexion philosophique et politique. Bref, on tourne les pages !
Nils C. Ahl - Le Monde du 1er décembre 2011
Dans un futur pas très gai, sous le dôme d'une cité idéale qu'on nomme la "Bulhavre", le doute n'a pas sa place : "la vie est obligatoirement heureuse", affirme le "Manuel" d'un mystérieux "Tourneur de page" – à la fois apôtre, fondateur et guide suprême de ce dernier refuge de l'espèce humaine. Chaque individu est surveillé et contrôlé, la pureté génétique est la règle, même les souvenirs sont soumis à l'approbation des autorités. C'est dans ce contexte que deux frères, Alkan et Tahar, découvrent qu'il existe un autre monde, un "Outre-Monde", hors de la Bulhavre où le libre-arbitre n'est pas qu'un rêve. Sur un canevas classique et dystopique, Muriel Zürcher réussit un roman d'adolescence tout à fait convaincant. En effet, plutôt que d'édulcorer son contexte, elle en rend compte du point de vue d'Alkan et Tahar, laissant filtrer ce qu'il faut de politique et de critique sociale. Il ne s'agit que d'un premier tome, cependant, et l'on est curieux des suivants.